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Stefan VistaVision

Inscrit le: 29 Sep 2004 Messages: 442 Localisation: Ile de JERSEY
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Posté le: Mar Avr 26, 2005 1:33 am Sujet du message: L'éducation à l'image |
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Je lance donc ici le débat sur ce vaste sujet essentiel !!
Puisque malheureusement trés peu d'enseignants et de professionels du cinéma semblent se préoccuper d'éduquer les générations futures aux rouages du monde dans lequel ils évoluent, Cinetudes va tenter de s'y coller.
Mais si nous commençons ce dossier nous n'avons absolument pas la prétention d'en écrire la totalité et comptons sur votre participation pour parvenir à établir un vrai pôle de réflexion et d'idées, aussi dans les textes que sur le forum.
Vous aurez compris que c'est un sujet qui me tient particulièrement à coeur et j'espère sincèrement que ce débat donnera lieu à des intiatives fructueuses.
Et je vous rappelle que le débat à pour objectif d'accompagner les textes en s'appuyants sur eux, en conséquence il est parti pour durer.
Ce débat appartient donc à tout le monde puisque la question est universelle alors maintenant à vous de vous exprimer  _________________ THE POSSIBILITIES ARE SO GREAT AND PEOPLE ARE PROGRAMMED TO ACCEPT SO LITTLE (Allegra Geller dans ExistenZ)
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Hughes 2,35:1

Inscrit le: 05 Oct 2004 Messages: 360
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Posté le: Mar Avr 26, 2005 8:08 am Sujet du message: |
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Dans un monde où les médias créent l'évènement et le détruisent tout aussi facilement (la tragédie du tsunami, quatre mois après les vagues spectaculaires et les destrructions, les médias ne se préoccupent quasiment plus de la misère, des conséquences terrifiantes et désastreuses sur toutes les populations), les images sont innombrables, débitées à la vitesse de l'adsl. La vitesse à laquelle elles sont diffusées empêchent souvent une analyse sémiologique, au pire une critique de celle-ci.
Les images sont devenues bien souvent incontrolables, autant pour les jeunes générations que pour les plus anciennes : publicités à outrances, fictions, sports, Internet. La réflexion, le commentaire critique, le recul sur les images - toutes les images- sont nécessaires dans la mesure où des informations circulent et sont transmises par ces dites images. Chacune de ces images est soumise à l'interprétation subjective qui tend vers l'objectif par celle ou celui qui les regardent. Car l'image se révèle manipulatrice, peut ne rapporter qu'un extrait d'information et en donner un sens radicalement différent. Tout le cinéma de
Brian De Palma ne dit pas autre chose, depuis ses premiers films dans les années 60 qui s'entretiennent avec la guerre du Vietnam, Greetings et Hi Mom jusqu'à Femme Fatale. La subjectivité du rapport à l'image tend à supplanter l'objectivité dans le même sens que l'image peut être manipulée.
Seuls le recul, l'esprit critique, le commentaire réflexif permettent la compréhension de l'image, de s'éloigner de celle-ci afin d'en cerner toute la capacité, d'en analyser tout le contenu. Comme le souligne Stefan, et je suis entièrement d'accord avec lui, ce qui manque aujourd'hui dans le système de l'éducation nationale, c'est une vraie politique d'éducation à l'image. Il y a des professeurs qui cherchent à proposer une initiation à l'image, à son analyse, à sa compréhension, mais un ami prof me disait qu'il manquait de moyens financiers et techniques pour mettre cela en place. Les volontés sont présentes, mais il ne faut pas oublier que les images médiatiques, cinématographiques, télévisuelles, Internet sont récentes (de 110 ans à quelques années) contrairement à l'écrit, présent depuis plusieurs milliers de millénaires.
Du moins cette politique d'éducation à l'image me semble être une démarche essentielle et nécessaire afin de pouvoir décoder l'image, à une époque où dans notre société, selon une dernière étude, les personnes passent presque trois heures par jour devant la télévision et les jeunes quasiment autant sinon plus, devant les jeux vidéos.
Hughes. _________________ "Comprendre, c'est aimer" (Delmer Daves) |
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doc zaïus 1,33:1

Inscrit le: 07 Nov 2004 Messages: 43
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Posté le: Mar Avr 26, 2005 2:39 pm Sujet du message: |
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Je vais parler un peu de mon expérience et plus précisément de mon passé de collégienne (désolée ).
A l'époque, je suivais un cours généraliste de deux heures par semaine intitulé E.M.T. (Education Manuelle et Technique). J'imagine que, depuis le milieu des années 80, ce cours (s'il existe encore) a probablement dû changé 150 fois de nom, évolué... Le contenu assez disparate du cours dépendait en fait surtout du professeur, de ses compétences et de ses passions. Le programme changeait d'une classe à l'autre et sautait un peu du coque à l'âne. Ainsi, certains passaient deux heures en cuisine à découvrir tous les secrets du gratin de courge, d'autres s'évertuaient à construire du petit mobilier de bois, etc... Quand j'y repense
Bref, pour ma part, une année, j'ai eu la grande chance d'avoir un professeur passionné de cinéma et d'audiovisuel en général. Son programme correspondait précisément à une véritable éducation à l'image.
On avait débuté l'année en décortiquant des publicités papiers. Il avait fallu, dans un premier temps, déniché quelques pubs dans des revues, selon certains critères (utilisations des couleurs et de la lumière, thématiques traitées, cadrages etc...) en gardant bien à l'esprit que le but premier de l'excercice était une étude appronfondie.
Une fois l'étude digérée, on est passé à la deuxième étape : la publicité sur support télévisuelle, base de discussions assez vastes allant de la mise en scène à la censure en passant par la place de l'image dans nos sociétés.
Troisième étape, étude d'extraits de films. Ne rigolez pas, c'est comme ça que j'ai découvert Délivrance. Quelques petites notions de mise en scène, importance du silence et de la musique, photographie, etc... Attention, il ne s'agissait nullement d'un cours de cinéma mais plutôt de sensibilisation.
Conjointement à ce cours, chacun pouvait, s'il le désirait, passer son vendredi soir au collège à découvrir la magie du Septième Art. Une fois par semaine on pouvait donc voir des films, tout simplement. Le choix des films, le noir et blanc et la VO en rebutaient plus d'un. Et donc, c'était plutôt sympa de regarder des Hitchcock, des westerns ou des comédies musicales à 5 dans la salle.
Quatrième et dernière étape, écriture d'un petit scénario et tournage d'un film de 2 à 3 minutes dans le parc du collège ou à proximité. On avait la chance de pouvoir profiter d'anciens forts tout près. Certains avaient réussi à monter une sorte de "remake" d'une scène de West Side Story dans ces vielles pierres. Un grand moment !
Je serais donc très curieuse de savoir si certains d'entre vous ont connu ce genre de cours ou d'expériences. Quand j'en parle autour de moi, je me rends compte que j'ai eu beaucoup de chance.
Et par dessus tout, je voudrais vraiment savoir ce qu'il en est aujourd'hui dans les collèges et les lycées.
J'ai un ami cinéphile prof de cuisine dans un lycée technique qui s'occupe entre autre d'une classe de réinsertion d'élèves en grosses difficultés scolaires et sociales. L'une de ses grandes lignes pédagogiques est justement la mise en place d'un ciné-club. Il vous en parlera mieux que moi, je vais de ce pas l'inviter ici. 
Dernière édition par doc zaïus le Mer Avr 27, 2005 12:55 pm; édité 1 fois |
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Max Schreck 2,35:1

Inscrit le: 05 Oct 2004 Messages: 333 Localisation: près ou loin
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Posté le: Mer Avr 27, 2005 1:02 am Sujet du message: |
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Tiens, je vais poursuivre le trip souvenir de Dr. Zaïus.
Au collège, j'ai suivi un équivalent des cours d'E.M.T. qu'on appelait chez moi cours de Techno. On construisait des circuits imprimés, des petits amplificateurs, des variateurs d'intensités et autres bidules très pratiques dont on apprenait le fonctionnement en même temps qu'on les réalisait. Mais rien de plus, et on ne quittait pas la salle.
Par la suite, je suis arrivé en Première l'année même où mon lycée décidait de mettre en place une option dite "cinéma-audiovisuel". Il s'agissait d'un cours accessible sur sélection (il fallait rédiger une lettre de motivation) et ouvert à toutes les sections. On devait être une vingtaine. Nous étions encadrés par deux profs et un réalisateur-intervenant. Ça consistait en cours d'histoire du cinéma (Griffith, l'expressionnisme allemand, etc.), analyses filmiques (M le maudit, Citizen Kane, etc.) et réalisation d'un court-métrage qui devait être inspiré par Woody Allen (scénario, interprétation, décors, montage, tout étant fait collectivement ce qui n'était pas vraiment gage de réussite).
J'ai reçu des bases essentielles tant sur le plan de la connaissance du cinéma, que sur la façon de le regarder et de concevoir la mise en scène. L'expérience s'est prolongée en Terminale, avec quasiment la même bande. Et le petit film qu'on a tourné a représenté une expérience assez inoubliable. On l'a financé en vendant des gâteaux dans la cour du lycée, puis on s'est installé une semaine à la campagne pour tourner une sorte de relecture de La Règle du jeu de Renoir (autre film que j'ai analysé sous toutes les coutures).
Cette option donnait lieu à un oral au Bac. Je crois savoir qu'elle existe toujours aujourd'hui. Et il me semble même que La Règle du jeu a été au programme du Bac une année. _________________
« Akeeta ! » (When dinosaurs ruled the earth) |
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Invité
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Posté le: Mer Avr 27, 2005 8:44 pm Sujet du message: |
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Je rebondis là-dessus :
| Citation: | | Il parait impossible d?enseigner l?image autrement qu?en en expliquant la fabrication dans les écoles ou sections audiovisuelles mais là encore ce ne sont que des techniques que l?on y apprend et non l?état d?esprit nécessaire pour profiter des images sans les subir. |
Attention à ne pas faire des robots. Il s'agit de donner les bases du langage audiovisuel. Chauqe personne à sa sensibilité. Tout le monde n'est pas non plus amener à réagir de la même façon face aux différenst stimuli que nous envoient la tv, les pubs, les films...
L'esprit critique et le recul s'acquiert aussi selon les individus. Et surtout il s'acquiert en en décortiquant les démarches et techniques de réalisation. Si la personne X doit être touché d'une certaine manière par telle chose, elle le sera. Elle peut aussi ne pas être réceptive.
Chaque individu se fait aussi sa propre bilbliothéque d'images. Le problème se situe aussi dans le fait que les choix proposés par les différents médias sont assez restreints, que les gens ne sont pas curieux. Parce qu'on les abrutis de divertissements, ils ne font plus de démarche...
L'éducation à l'image se fait, selon moi, par l'analyse de films bien sûr mais surtout en s'appuyant sur de renvois constants, des exemples concrets aux différentes cultures qui font que tel film est ainsi. Il faut essayer de rendre curieux le spectateur, lui donner envie d'aller en savoir plus... C'est ainsi que l'on acquiert un esprit critique. |
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gehenne 1,85:1

Inscrit le: 05 Oct 2004 Messages: 240 Localisation: sous une autre pierre...
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Posté le: Jeu Avr 28, 2005 12:37 am Sujet du message: |
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Bonsoir,
J'ajoute mon cailloux à l'édifice.
L'image en générale, qu'elle provienne d'un film, d'un documentaire, d'une pub, d'un jeu video, qu'elle soit animé ou non, a pris de nos jours une telle proportion qu'il me semble effectivement important et indispensable de présenter au sein même du programme scolaire, des cours visant à sensibiliser les plus jeunes.
Qu'il ne soit pas forcément question d'appréhension stricte des codes de langages, mais bien de définir qu'il existe un sens aux images seules. On parle avant tout de sensibilisation. Il faut avant tout parvenir à faire ressentir à ces jeunes, leur interprétation des images qu'ils voient, les faire s'exprimer sur elles.
Si l'on parvient à prendre conscience que ces jeunes sont continuellement sujets à des messages par le biais d'images sans paroles, au delà des paroles, le plus gros du travail est fait. Si l'on parvient à tiquer leur curiosité, ils vont parvenir à faire la démarche d'eux même.
Evidemment, il ne faut les laisser partir ainsi à la guerre sans leur avoir fourni les armes indispensables au combat. C'est en cela que le rôle d'un intervenant est indispensable. Il ne faut pas théoriser à outrance sur une image, il faut simplement donner les clés pour les déchiffrer.
La sensibilisation à l'image provoquerait aussi une contre réaction à toutes personnes affirmant que la violence à l'image entraine la violence chez la personne qui la regarde. Si l'on parvient à démysthifié cette théorie plus ou moins inepte par l'intermédiaire d'une réflexion sur un langage de l'image, et ce dès le plus jeune âge, on coupe court ce genre de raccourice douteux.
Il est évidemment important de faire comprendre que l'image possède un pouvoir cathartique sur le spectateur. Passé cette information, relever que les images ne disent pas forcément ce qu'elle semblent vouloir dire, que l'image peut être fausse, que l'on peut être manipuler par l'image, à notre insus, complètent un tableau qu'il est devenu réellement indispensable de connaitre. Les enfants sont soumis dès le plus jeune âge à une abondance d'image et ne possède pas les capacités pour les soumettre à leur point de vue. _________________
Ainsi, toujours et pourtant...
Si je m'enterre, voudras-tu te noyer avec moi ? |
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Ishmael Chambers Spoutnik

Inscrit le: 04 Oct 2004 Messages: 857 Localisation: Rennes
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Posté le: Jeu Avr 28, 2005 4:49 pm Sujet du message: |
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L'image est non seulement un pouvoir qui n'a pas malheureusement dans les sociétés actuelles une quelquonque utilité à devenir transparent, mais c'est aussi encore plus profondément une forme peu considérée par les élites. Pour parler de l'enseignement, ce dernier vise encore avant tout à sacraliser le domaine de l'écrit... Ce qui est vrai se trouve dans les livres. L'un des problèmes sepose donc qu'avant d'éduquer à l'image, il faut déjà que l'éducation reconnaisse (et veuille reconnaître) l'intéret et l'importance de l'image. Et c'est malheureusement loin d'être le cas.
Le fait est que celà pose certains problèmes logistiques à organiser hors "options". Ou parler de cinéma si ce n'est pas pour empiéter sur les cours de français et de littérature? Il m'est arrivé d'aborder sous un prisme très léger quelques études de films en cours de français et en cours de langues. Malheureusement, c'était constemment subordonné à la thématique de l'adaptation littéraire. Un de mes livres de français du collège proposait d'étudier "Pauline à la Plage" je me souvient, mais uniquement sous le prisme du verbe et pas du tout sur celui de la mise en scène pourtant primordiale chez Rohmer.
Comme toute tâche batarde dont on ne sait pas à qui la refiler, sont généralement les professeurs d'Histoire-Géographie qui parfois se retrouvent à "pouvoir" l'executer, car bien entendus c'est uniquement si vous avez la chance de tomber sur un prof intéressé à ce niveau. J'ai suivis un cours à l'IUFM qui est la seule initiation que les apprentis profs ont vis à vis du sujet, et c'est on ne peut plus basique. J'avais un prof passionné par l'image en troisième et en terminal qui illustrait tout ses cours d'Histoire Contemporaine via la vidéo en démysthifiant les représentations faites dans les films où à la télévision. Ce genre de personnes sont malheureusement encore rare, et pour décrypter la propagande actuelle (actives ou latentes), les jeunes sont tout au plus initié à décrypter celle d'autrefois.
Mettre en place une véritable organisation à l'image sera je pense une vraie révolution dans toute la façon de concevoir l'éduction et les programmes scolaires. Des réformes casses-têtes et couteuses qui ne doivent pas motiver beaucoup de personnes. _________________ http://www.cinetudes.com/
http://culturopoing.com/
http://scotthicks.over-blog.com/
http://soundsofthefoehn.blogspot.com/ |
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Invité
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Posté le: Jeu Avr 28, 2005 8:27 pm Sujet du message: |
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Ishmael Chambers :
| Citation: | pas du tout sur celui de la mise en scène pourtant primordiale chez Rohmer.
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C'est une blague ?
Gehenne 666 :
| Citation: | | La sensibilisation à l'image provoquerait aussi une contre réaction à toutes personnes affirmant que la violence à l'image entraine la violence chez la personne qui la regarde. Si l'on parvient à démysthifié cette théorie plus ou moins inepte par l'intermédiaire d'une réflexion sur un langage de l'image, et ce dès le plus jeune âge, on coupe court ce genre de raccourice douteux. |
Raccourci douteux ? Je ne crois pas. Car si ce "raccourci" était douteux cela signifierait qu'il existerait qu'une seule sensibilité. Or les esprits plus ou moins faibles ou sensibles peuvent recevoir différemment l'image violente. Il y a des exemples de violence influencée après la vision de films. Surtout chez les adolescents, période particulièrement fragile de la vie d'un Homme car la personnalité est en construction, se cherche, demande de l'attention... Il y a un besoin de reconnaissance. N'y a-t-il pas des adolescents qui s'identifient à leurs idoles ?
et sans parler que des adolecents, il n'y a qu'à voir les personnes qui s'identifient fortement à Johnny Halliday au point de s'habiller comme lui, de parler comme lui... Il y a bien ici l'influence de l'image. Je en vois pas en quoi cette influence s'arrêterait sitôt que l'on toucherait à la violence.
Et l'image violente n'est pas seulement Bruce Willis tuant des méchants, c'est aussi et surtout la représentation de l'Humain dans les publicités... Qu'est-ce qui font que les publicités sont racistes et mysogines ? L'envie de pérenniser une société de l'exclusion ou alors l'envie de répondre à la demande d'un public qui se croit exclusivement blanc, mâle et beauf ? Voilà pour moi la pire des violences !
Si l'image violente n'influençait pas comment expliques-tu cette islamophobie ? La télé, qui a multiplié les reportages racistes sur des actes isolés à l'encontre des mulsumans n'a-t-elle pas développer un sentiment de peur envers les Musulmans ? C'est une violence aussi. Le vote Le Pen n'est-il pas une résultante de la violence télévisuelle : à en croire la télévision les méchants Arabes étaient à nos portes, le couteau entre els dents attendant que l'on sorte de chez nous pour nous voler nos portables, violer nos femmes et égorger nos enfants ?... Le Français bavant de haine qui glisse le bulletin Le Pen dans l'hurne n'est-elle pas une violence résultant de la diffusion de l'image d'un acte violent : les Algériens sifflant La Marseillaise ? Acte Ô combien réjouissant pour moi car comment ce chant de merde qu'est La Marseillaise peut-elle engendrer d'autres sentiments que la honte ?
Tous ces exemples m'aménent à croire que l'image violente a bel et bien une influence sur les esprits... Mais, bien sûr, cela dépend de plein de paramètres, il n'y a pas de régles... |
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Invité
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Posté le: Jeu Avr 28, 2005 8:42 pm Sujet du message: |
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Je tiens à rajouter que les films de propagande manipule le spectateur en montrant des images violentes. POur en citer que des exemples récents, les films US pro peine de mort montre avec complaisance des actes violents pour justifier le bien fait de l'éxecution du méchant. Je pense notamment au révoltant 8mm.
Donc, je ne vois pas où il y a de mysthification à dire que l'image violente engendre de la violence... |
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gehenne 1,85:1

Inscrit le: 05 Oct 2004 Messages: 240 Localisation: sous une autre pierre...
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Posté le: Jeu Avr 28, 2005 9:19 pm Sujet du message: |
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Thomas Roland,
J'aurai certainement dû développé un peu plus ce terme, je crains qu'il n'ait pas été pleinement compris.
Je suis d'accord en partie avec toi sur une certaine influence de l'image, qu'elle soit violente ou non, finalement, sur notre comportement. Il existe des milliers d'exemple, la publicité est une mine à ce niveau.
En revanche, ce que je reproche, c'est ce systématisme qui tend à justifier tout acte violent en pointant du doigt un film.
Pour prendre un exemple concret :
J'habite à Nantes, il y a deux ans, un adolescent a été arrêté pour avoir poignardé à de multiples reprises une amie à lui. Peu de temps après son arrestation, il a avoué à corps et à cris avoir été influencé par le film Scream. Ce recours à accuser un film, violent certe, devient une justification de défense, on est même en droit de se demander, si cette soudaine influence de l'image n'est pas une idée de son avocat.
A ce niveau-là, cette manière de scander haut et fort c'est à cause du film devient pour moi un raccourie douteux.
Le tribunal n'a d'ailleur pas trouver valable cette soudaine justification.
Car le problème, si réel problème il y a, est sûrement beaucoup plus complexe. Si je dois prendre mon cas personnel, je suis l'archetype même du serial killer en herbe. Je regarde des films d'horreur depuis l'âge de 10-12 ans, je lis de la littérature d'horreur depuis à peu près la même époque, je joue à de nombreux jeux video à caractère gore et violent j'écoute du black metal, musique ouvertement sataniste, et prône une certaine attitude anti-religion (en gros), j'ajouterai que je suis cuisinier, je m'habille toujours en noir, et je suis moitié associal et misanthrope.
Si du jour au lendemain, je dois tuer quelqu'un, mes excuses et mes justifications sont toutes trouvées !
Et pourtant, je n'ai jamais tué personne, je me suis même jamais battu.
C'est donc qu'il existe tout simplement de nombreux facteurs qui rentrent en compte, et l'image n'est pas seulement responsable. Elle peut être un détonnateut, un facteur, mais en aucun cas une seule justification. Et je trouve que l'on pointe bien vite le doigt vers l'image quand une telle tragédie arrive. C'est bien plus rassurant de trouver un bouc émissaire rapidement, que de s'imaginer des problèmes complexes qui pourraient remettre en cause une certaine forme de la société. C'est rassurant de se dire que l'image violente entraine la violence, que d'affirmer que la société entraine un comportement où l'imagerie violente devient un simple révélateur.
Mais l'on s'égare un peu du sujet.
Je tiens juste à rebondir sur ta derière remarque. Effectivement, cette imagerie pro peine de mort envahit très largement les écrans us, et plus particulièrement, trouve une certaine récurrence dans les séries tv.
Je n'ai, pour l'instant, que deux exemples, mais les discours qu'ils pronent sont tout simplement sans appel.
A deux reprises, dans une très récente série us, medium (avec Patricia Arquette dans le rôle principal), le message pro peine de mort est tellement appuyé, que ça devient vraiment malsain et sans ambigüité aucune. Très clairement annoncé, le procureur souhaite utilisé les dons mediumnique de l'héroine pour envoyer un condamné à la mort. Consis, d'une simplicité qui confine au danger.
Le deuxième exemple flagrant se trouvera être dans Millennium où franck black (lance henriksen) regrette ouvertement avoir fait évité la chaise électrique à un condamné et éprouve des regrets. Peut-être pas aussi appuyé que dans Medium, mais tout de même...
Et c'est une récurrence qui devient quelque peu inquiétante effectivement. _________________
Ainsi, toujours et pourtant...
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