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Mad Max (George Miller, 1979)

 
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Walter Paisley
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Inscrit le: 04 Oct 2004
Messages: 112

MessagePosté le: Sam Juil 16, 2005 11:54 am    Sujet du message: Mad Max (George Miller, 1979) Répondre en citant

Voici donc le débat suivant l'article sur le film.

J'aimerais donc savoir quel est votre point de vue par rapport aux genres du film ? J'ai évoqué ses liens avec le western, la science-fiction, l'action, les revenge movies, mais bien d'autre choses restent encore à dire. D'ailleurs on peut également citer des influences concrètes assimilées par Miller, aussi bien qu'on peut citer des films se référant au premier Mad Max qui, si il n'a pas eu la portée de sa séquelle, a quand même influencé bon nombre de films, principalement en termes de réalisation.
Ce qui m'amène également à penser que ce Mad Max constitue à la fois la finalité du cinéma des 70's et l'annonciateur du cinéma des décennies qui suivront. Donc je voudrais aussi vous amener à considérer la place du film dans l'histoire du cinéma de genre...

Voila voila... Evitez de trop parler de Mad Max 2, pour ne pas qu'on se coupe l'herbe sous le pied au cas où une étude verrait le jour. Et pour Max Max 3... quel Mad Max 3 ? Y'a eu un 3 ? Mais non, y'a pas eu de 3...
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Ben Kurdy
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Inscrit le: 03 Juil 2005
Messages: 45

MessagePosté le: Sam Juil 16, 2005 7:16 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Quand on y songe, ce que raconte Mad Max n'est ni plus ni moins que la même chose que Un justicier dans la ville de Michael Winner.
L'histoire de deux hommes brisés par la violence de leurs concitoyens et qui finiront par sa faire justice eux-même. Une différence toutefois, mais de taille, Max est du côté de la justice et, en tant que tel, il ne lui est pas permis d'outrepasser les limites que la loi qu'il s'échine à défendre a placé. D'ailleurs, on peut s'interroger sur la réelle importance que revêt la police dans cette société. Pour rendre justice, les policiers doivent être au moins aussi fou que les hommes qu'ils traquent. Et c'est bien ce qui fait de Max Rockatansky le meilleur de sa profession, il a en lui ce grain de folie, cette insouciance une fois qu'il est derrière le volant de son interceptor qui lui permet de faire jeu égal avec des fous du volant comme le seigneur de la route sur lequel s'ouvre le film.
"Lorsqu'il est au volant de son véhicule, Max redevient un sale gosse dopé à l'adrénaline et dont la famille passe au second plan. Quelque part, George Miller nous décrit une ribambelle de "beaufs" amoureux de la vitesse et qui ne s'affirment qu'au commande de leur gros engin motorisé avec lequel ils se sentent libres, bouffant de l'asphalte jusqu'à plus soif.

L'accident" de Gorille, son meilleur ami, trouble Max au plus profond de lui-même. Il se retrouve face à la mort de façon brutale. Cela aurait pu être lui.
Il décide donc de prendre du recul, d'aller au calme avec sa famille, d'assumer son rôle de mari, de père, loin de la barbarie qui règne sur les routes. Pourtant, celle-ci le rattrapera et lui enlèvera ce qu'il a de plus cher au monde, le faisant ainsi définitivement basculer dans la folie qui le guettait.
Car c'est vrai, on est du côté de Max lorsqu'il entreprend son épopée vengeresse, car on comprend sa douleur. Toutefois sa place aurait été davantage auprès de sa famille que sur les routes. Comme pour Gorille, il nie en quelque sorte ce qu'il voit. Les corps allongés sur un lit d'hôpital et sous assistance respiratoire ne sont à ses yeux plus les gens qu'il a aimé. Il s'en dissocie et préfère retourner sur la route, là où il est le roi, statut qu'il va affirmer en éliminant un à un tous ceux qu'il tient responsables de son malheur.

En quelque sorte, la dernière partie du film peut être vue à la fois comme une expédition vengeresse (ce qu'elle est assurément) mais également comme une fuite des responsabilités. Max reprend la route, direction l'inconnu.
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Walter Paisley
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Inscrit le: 04 Oct 2004
Messages: 112

MessagePosté le: Ven Juil 22, 2005 9:23 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ben Kurdy a écrit:
Max est du côté de la justice et, en tant que tel, il ne lui est pas permis d'outrepasser les limites que la loi qu'il s'échine à défendre a placé. D'ailleurs, on peut s'interroger sur la réelle importance que revêt la police dans cette société. Pour rendre justice, les policiers doivent être au moins aussi fou que les hommes qu'ils traquent.


Tout à fait c'est cela qui fait que la police telle qu'elle est vue dans Mad Max est inefficace. Comment combattre le crime lorsque celui-ci est aussi sauvage, lorsque les criminels sont aussi "libres" (d'ailleurs la liberté est parfaitement rendue par les engins motorisés et par l'outback australien) que peuvent l'être le gang de motards ? La police se doit d'être à la fois sauvage pour ne pas se laisser écraser, mais elle doit aussi faire tout dans les règles. Même lorsqu'il s'agit de têtes brulées comme le Gorille, et même si ça ne leur plait pas, comme lors de la scène de la libération de Johnny. On aurait pu penser que Max, le meilleur du lot, celui qui allie à la fois le talent automobile et le respect des règles (notez que c'est le seul à ne pas agir personnellement à l'encontre du gang, du moins jusqu'à sa "métamorphose") serait devenu le flic parfait, le héros dont parle Fifi. Mais non, pas du tout. C'est pourquoi il devient cet anti-héros. Ce qui est très pessimiste quand on y réfléchis, car cela montre que la justice en temps qu'institution ne pourra jamais réparer les dégâts moraux. Ce qui du coup entraîne une méthode façon "punisher", une réaction impulsive qui, elle, peut combler en partie la souffrance...

Par contre, pour la fuite des responsabilités, je pense qu'il s'agit plus d'une fuite fasse aux responsabilités sociales plutôt que des responsabilités familiales. Car la vie de Max est détruite, quoi qu'il arrive.
Ce qui du coup me pousse aussi à penser que Miller a voulu montrer les liens entre vie privée et vie sociale.
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Ben Kurdy
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Inscrit le: 03 Juil 2005
Messages: 45

MessagePosté le: Sam Juil 23, 2005 11:52 am    Sujet du message: Répondre en citant

Walter Paisley a écrit:
Par contre, pour la fuite des responsabilités, je pense qu'il s'agit plus d'une fuite fasse aux responsabilités sociales plutôt que des responsabilités familiales. Car la vie de Max est détruite, quoi qu'il arrive.
Ce qui du coup me pousse aussi à penser que Miller a voulu montrer les liens entre vie privée et vie sociale.


Effectivement.
La fin de Mad Max peut également se voir comme un écho à la fin de Dirty Harry. Comme Callahan, Max prend conscience du point de non retour qu'il a franchi et choisit l'errance comme suite à donner à son existence.

La suite de ses aventures nous le montrera d'abord asocial puis s'ouvrant petit à petit au monde alentour sans, toutefois, se lier réellement à une personne ou une communauté.
Quoiqu'on pense des suites, celles-ci nous montre un Max qui continue de souffrir de la perte de sa famille et qui est condamné à arpenter le monde, son monde, désespérement seul.

Pas de rédemption, pas d'éclairci, son avenir semble des plus sombres.
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PLISSKEN
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Messages: 122

MessagePosté le: Sam Juil 23, 2005 5:21 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ben Kurdy a écrit:
En quelque sorte, la dernière partie du film peut être vue à la fois comme une expédition vengeresse (ce qu'elle est assurément) mais également comme une fuite des responsabilités. Max reprend la route, direction l'inconnu.


Une vengeance est à mon sens une forme de fuite de ses responsabilités ou plutôt d'un poids affectif trop lourd à supporter, faire disparaitre les responsables de ses souffrances permet de ne pas plus avoir à affronter l'intemporalité de certaines souffrances qui continuent de vivre au travers de son auteur.
Pourtant cette recherche de soulagement par la vengeance est vaine, Shakespeare a écrit The evil that men do lives after them... (le mal que font les hommes leur survit), peut être alors que cette vengeance tend à remplacer la souffrance par la culpabilité, l'homme (Max) est brisé mais perdu, il n'aura pas à souffrir de reconstruire sa vie, de tout recommencer, il est damné par sa propre volonté, la mal l'aura happé lui aussi.

Petite précision, concernant la police, ici et ailleurs, celle-ci ne rend aucunement la justice dans le cadre de ses attributions, c'est lorsqu'elle rend justice qu'elle outrepasse ses attributions (refus du système judiciaire qu'elle sert autant qu'elle s'y oppose parfois, la figure de l'avocaillon est ici particulièrement caricaturale et accroit le sentiment d'injustice et augmente l'emphatie vis-a-vis de ces flics dépassés)
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Walter Paisley
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MessagePosté le: Mer Juil 27, 2005 6:40 pm    Sujet du message: Répondre en citant

PLISSKEN a écrit:
cette vengeance tend à remplacer la souffrance par la culpabilité, l'homme (Max) est brisé mais perdu, il n'aura pas à souffrir de reconstruire sa vie, de tout recommencer, il est damné par sa propre volonté, la mal l'aura happé lui aussi.


Certes, mais la vision donnée du monde par Miller préfigure déjà celle de Mad Max 2. Ce monde est en phase de déstruction, et à ce titre, pourquoi Max se serait-il donné la peine de reconstruire sa vie, alors qu'elle aurait été amenée à connaître le même destin ?
Non seulement sa douleur mais aussi sa lassitude et son pessimisme ont contribué à son choix. Et à ce titre on peut se dire qu'il anticipe déjà le monde tel qu'il sera dans la séquelle. Dès la fin du premier film, il est paré à ce monde apocalyptique. Ce que d'autres ne seront pas forcément (la communauté menée par Papagallo).
Mais bon, la je commence à anticiper un éventuel futur débat sur Mad Max 2, dont je vais m'arrêter là.
Du reste, je ne sais pas si Miller avait déjà en tête le scénario de sa séquelle en achevant le premier film.
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PLISSKEN
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Messages: 122

MessagePosté le: Jeu Juil 28, 2005 4:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Walter Paisley a écrit:
PLISSKEN a écrit:
cette vengeance tend à remplacer la souffrance par la culpabilité, l'homme (Max) est brisé mais perdu, il n'aura pas à souffrir de reconstruire sa vie, de tout recommencer, il est damné par sa propre volonté, la mal l'aura happé lui aussi.


Certes, mais la vision donnée du monde par Miller préfigure déjà celle de Mad Max 2. Ce monde est en phase de déstruction, et à ce titre, pourquoi Max se serait-il donné la peine de reconstruire sa vie, alors qu'elle aurait été amenée à connaître le même destin ?
Non seulement sa douleur mais aussi sa lassitude et son pessimisme ont contribué à son choix. Et à ce titre on peut se dire qu'il anticipe déjà le monde tel qu'il sera dans la séquelle. Dès la fin du premier film, il est paré à ce monde apocalyptique. Ce que d'autres ne seront pas forcément (la communauté menée par Papagallo).
Mais bon, la je commence à anticiper un éventuel futur débat sur Mad Max 2, dont je vais m'arrêter là.
Du reste, je ne sais pas si Miller avait déjà en tête le scénario de sa séquelle en achevant le premier film.


Je ne crois pas que l'état du monde influence un homme dans cet état de douleur psychologique, seule sa douleur est à la base de la vie qui sera la sienne par la suite.
Il ne choisit pas d'être en condition d'affronter un monde sans pitié, cela s'impose à lui (difficile de rester libre et maîter de quoi que ce soit face à un tel drame) et il est toujours plus facile de résister à la sauvagerie hors d'une communauté, on est plus fort lorsque l'on a rien à perdre, lorsqu'on est seul, étant déjà brisé intérieurement, le plus dur est fait.
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Walter Paisley
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Messages: 112

MessagePosté le: Ven Juil 29, 2005 11:32 pm    Sujet du message: Répondre en citant

PLISSKEN a écrit:
Je ne crois pas que l'état du monde influence un homme dans cet état de douleur psychologique, seule sa douleur est à la base de la vie qui sera la sienne par la suite.
Il ne choisit pas d'être en condition d'affronter un monde sans pitié, cela s'impose à lui (difficile de rester libre et maîter de quoi que ce soit face à un tel drame)


Certes, dans le cas où on ne se bornerait qu'aux faits présentés dans le film, je suis tout à fait d'accord avec toi. Mais je pense qu'au-delà de ça, au delà des évenements arrivés aux Rockatanskys, on peut voir que ce qui arrive à Max est un des symptomes du mal qui amenera la société à sa perte. D'accord, sa vengeance est avant tout personnelle, mais au-delà du fait qu'il soit définitivement brisé, je pense que sa décision trouve également écho dans l'état du monde, justement. Je pense principalement à l'ultime scène, après que Max ait achevé Johnny. Peut-être que je désire trop lier le film premier à sa séquelle, mais à partir de ce moment là, je considère que Max devient déjà le personnage qu'il sera dans le 2. Je ne dis pas qu'il a oublié ce qu'il lui ait arrivé, pas du tout (et je considère même que toute sa haine dans le 2 repose toujours de ce qui ait arrivé), mais je pense que indéniablement, une fois sa vengeance accomplie, toute son amertume se tourne vers le monde qui a rendu possible ce qui est arrivé.
De plus, certains signes tout au long du film (le panneau indiquant "anarchy" entre autres) renforcent ma conviction.
Après, comme dit dans un post auparavant, la distinction peut être mince, tant Miller imbrique la vie privée et la "vie sociale".
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Dean Corso



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Messages: 2

MessagePosté le: Sam Aoû 06, 2005 8:22 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ben Kurdy a écrit:
Quand on y songe, ce que raconte Mad Max n'est ni plus ni moins que la même chose que Un justicier dans la ville de Michael Winner.

Je n'y avais jamais songé à ça, mais c'est vrai.

Pour ce qui est du premier Mad Max donc, j'avoue qu'au delà du fond, la forme m'avait un peu gêné à la première vision. Les multiples accélérés et la multiplications des fondus enchaînés rapides donnent un côté "brouillon" parfois exaspérant. Mais bien plus tard, en le revoyant, j'ai passé un peu ce détail pour me concentrer sur le film en lui-même, et aujourd'hui j'aime beaucoup ce film, même si je lui préfère la folie et l'efficacité du second volet. Jamais vu le troisième - je ne vous cache pas que je ne suis pas trop tenté. Wink
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