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Mission toMars (2000) de Brian De Palma

 
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Hughes
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MessagePosté le: Mar Avr 04, 2006 7:58 am    Sujet du message: Mission toMars (2000) de Brian De Palma Répondre en citant

Ce topic ouvre le débat sur Mission to Mars dont je vous propose une analyse sur le site.


Grand film incompris ? Ratage relatif ? Le film de Brian De Palma a même divisé les admirateurs les plus ardents du cinéaste américain. Tout, beaucoup de choses et n'importe quoi fut dit au sujet de la première incursion dans le genre SF du cinéaste de Blow Out et L'Impasse. On a comparé ce film au 2001 de Kubrick, on l'a accusé d'avoir plagié tout ce qui avait pu se faire dans ce domaine, on s'est moqué du cinéaste et de sa naïveté. Sans pour autant voir le film.

Car Mission to Mars est un film qu'il faut regarder, simplement. Avec des yeux d'enfants. En ce sens -le regard étant l'une des obsessions fondamentales de l'oeuvre du cinéaste- le film ne parle de rien d'autre que de la représentation sous toutes ses formes : onirisime, regard, technologie nouvelle, extension du regard, allégorie du cinéma. Car M2M est une merveilleuse allégorie cinématographique,un spectacle grandeur nature qui se libère des contraintes pour tendre vers l'universalisme. De Palma propose un voyage insouciant au coeur même des rêves de ces femmes et hommes dont le désir est d'atteindre l'inacessible.

Le cinéaste propose une double initiation au rêve et à la pénétration de celui-ci : sur le mode scientifique, d'un saisissant réalisme (toute la première partie du film) puis sur le mode de la fable (qui se laisse aller à l'émerveillement devant l'inconnu, à dépasser, à traverser l'écran de cinéma afin de pouvoir entrer dans le merveilleux, dans le rêve) pour aboutir à une réflexion sur le réel et l'irréel.

Mission to Mars est hantée par deux histoires d'amour. La première est celle de Tim Robbins et Connie Nielsen qui comporte l'une des thématiques du cinéaste :la perte de l'être aimé, l'incapacité à sauver l'être aimé. La deuxième est celle de Gary Sinise. Cette histoire d'amour est celle autour de laquelle tous les éléments du film se regroupent et convergent. Car si Mission to Mars ne cesse de parler du regard, il ne cesse aussi de raconter une sublime histoire d'amour : celle d'un homme qui va partir à l'autre bout de l'univers pour rejoindre sa femme.

A ce titre, il ne faut pas oublier l'une des plus belles et significatives images du film voire du cinéma de Brian De Palma : alors que Gary Sinise se retrouve dans le liquide amniotique, il revoit le film de sa vie depuis son enfance et notamment un souvenir qui est la plus belle représentation de son amour, ce plan bouleversant où il revoit sa femme lever son voile de mariée puis ce contre-champ où nous le voyons esquisser un sourire et son regard peuplé de larmes. Nous comprenons à cet instant qu'il va la rejoindre et qu'ils pourront s'aimer éternellement.

Ne jamais oublier cette image de Mission to Mars. Si je n'avais que quelques images à garder de ce film, ce serait celle-ci, ainsi que celles du sacrifice de Tim Robbins lorsqu'il retire son casque et celle incroyablement émouvante de l'entrée des personnages dans le planétarium, alors que s'ouvre cette grande porte qui ne peut qu'évoquer l'écran de cinéma.

Mission to Mars est un beau et grand film.

Hughes.
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Max Schreck
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MessagePosté le: Mar Avr 04, 2006 5:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ton texte me fait extrêmement plaisir, Hughes. Car ce film me semble en effet avoir peu de défenseurs, hier comme aujourd'hui, et je suis en tous point d'accord avec ton approche. Le regard de l'enfant est la vraie clé de lecture de Mission to Mars. Je ne m'en étais pas rendu compte lors de ma première vision, mais une fois cette dimension repérée et intégrée, le film m'est soudainement apparu dans toute ses beautés. Le climax avec le montage de souvenirs de Gary Sinise accompagné de la partition véritablement splendide de Morricone me bouleverse. Vraiment. Cette capacité à s'émerveiller, encore, cette conservation du désir d'accomplissement des rêves de l'enfance sont pour moi des choses précieuses, qui me touchent beaucoup.

Quand je l'avais découvert en salle, j'avais été emballé par le plan séquence d'ouverture, impressionné par la scène du vortex et je me régalais de la beauté des images et de la fluidité de la mise en scène. Pourtant, n'ayant comme je le disais pas perçu le vrai sens du film, mon enthousiasme était retombé à partir du moment où la seconde mission pose enfin le pied sur Mars. Je ne me focalisais que sur l'intrigue elle-même, au détriment de ce qui animait les personnages, et je me désintéressait progressivement de son déroulement. Si bien que par la suite, lorsque je parlais du film, je le considérais comme à moitié réussi, intéressant seulement pour sa première heure.

Aujourd'hui, je peux le revoir sans me lasser. Je suis fan de l'intégralité du casting, y compris des seconds rôles avec Jerry O'Connel et Don Cheadle. Visuellement ça reste superbe, et émotionnellement je m'y investis toujours avec autant de bonheur. Pour moi, le film est bien plus qu'un De Palma mineur, SF divertissante ou autre étiquettage apposé à la va-vite. Il mérite une reconnaissance, et j'espère vraiment que ton texte, en livrant ainsi la bonne clé, permettra à ceux qui sont passé à côté de trouver la bonne porte pour accéder à son mystère.
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Ishmael Chambers
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MessagePosté le: Mer Avr 05, 2006 4:32 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ton texte présente vraiment très bien toute les données du film.

Personnellement comme beaucoup des De Palma récent j'ai finis par me lasser de "Mission to Mars" dont j'ai été l'un des ardents défenseurs à sa sortie... Je crois qu'au final justement, le fait que De Palma y ait trop assimilé une énième mise en abyme de la représentation finit par gacher sa dimension poétique. Ce qui aurait pu être réellement trenscendant dans le final et émouvant m'apparait aujourd'hui souffrir d'une dimension un peu rigide et trop ironique :j'ai du mal à imaginer en fin de compte De Palma croire à ce dernier plan qui ressemble un peu à celui de la fin de "L'Impasse", juste une image. L'idée du planetarium de film Disney fifties à finit par m'apparaitre complètement toc, et cette distanciation tue le premier degrès du film, mon implication dans les personnages.

Je crois que si l'on compare la fin d'"Obsession" et de "Mission to Mars", qui sont très proche, il manque quelque chose de crucial dans le second, ce qui peut aussi en faire son intéret mais bon: il n'y a pas un personnage aussi beau que celui de Bujold pour l'accompagner. C'est comme si De palma n'en restait qu'à la projection de diapositive qui ouvre "Obsession", et c'est ce qui fait que pour moi il reste bien plus fort. Ici il y a un effet de distanciation qui fait qu'on est conscient que tout n'est qu'image dans ce que vit Sinise, c'est pour moi la limite ultime du cinéma de De palma finalement d'en arriver à cette conclusion... "Femme Fatale" le confirmera: les happy-end de sa période "optimiste" sont extrèmement démonstratifs (là où un Kieslowski magifie ce que ce dernier film échoue à représenter).

L'image qui ment est un art du tragique... dans une autre configuration ça sonne terriblement dérisoire. Finalement De Palma n'avait pas besoin d'appuyer là dessus dans un tel genre, et son film tue le rève en fin de compte en le simplifiant et en le niant, ce qui est particulièrement dommage.
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Max Schreck
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MessagePosté le: Mar Mai 23, 2006 3:27 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je me le suis revu et la fascination qu'exerce ce film chez moi demeure. Quelle intelligence dans la mise en scène ! Je trouve toujours aussi sublime ce raccord qui nous montre la toute première vue sur Mars, passant de l'empreinte tracée par Gary Sinise dans le bac à sable à une vue en plongée sur le robot avancant dans l'étendue martienne.

Les effets spéciaux sont magnifiques et remarquablement mis en scène. Toutes les séquences de suspense dans l'espace sont d'une tension impressionnante. Et l'histoire d'amitié entre les différents personnages est rendu de façon à la fois pudique et convaincante. Revoir le film révèle tout un tas de petits détails qui montrent le soin avec lequel le scenario a été écrit et construit.

Et puis, je ne peux m'empêcher de le dire à nouveau, la partition symphonique de Morricone apporte une mélancolie qui fait de ce Mission to Mars un film sensible et humble, loin des blockbusters de SF qui ne visent qu'à un divertissement décérébré. J'aime. Smile
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MessagePosté le: Ven Juil 28, 2006 1:35 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour, je me permet de corriger une faute dans ton excellent texte, véritable bijou d'étude quand on sait la condition de mal-aimé de ce film que je trouve d'une grande beauté et que ton commentaire revalorise encore plus à mes yeux.

Citation:
De l'union et de la filiation
Même constat dans Furie où Nancy Allen est chargée de venger le fils de Kirk Douglas ou bien encore entre Jim Malone et Elliott Ness dans Les Incorruptibles .


Ce n'est pas Nancy Allen qui joue dans Furie mais Amy Irving.

Voilà, désolé de jouer mon prof mais je trouvais regrétable que ceci vienne gacher cela.
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Ishmael Chambers
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MessagePosté le: Lun Juil 31, 2006 6:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant

merci et bienvenue Sutter Cane Wink On va corriger cette petite coquille
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Hughes
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MessagePosté le: Mar Aoû 01, 2006 7:24 am    Sujet du message: Répondre en citant

Bienvenue à toi Sutter Cane.

Merci pour tous ces compliments et merci pour la correction de cette erreur.

Hughes.
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sutter cane
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MessagePosté le: Mar Aoû 01, 2006 7:16 pm    Sujet du message: Répondre en citant

De rien !

J'attends avec impatience une nouvelle analyse d'un De Palma ! (Carlito's Way ou Phantom Of The Paradise mériteraient vos soins !)
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Hughes
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MessagePosté le: Mer Aoû 02, 2006 7:18 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je prépare 2 De Palma dont Carlito's Way. Le deuxième sera sans doute Dressed to Kill.

Hughes.
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Sir Guy Charteris
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MessagePosté le: Jeu Oct 19, 2006 9:06 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Pour son cycle "Space Opéra" qui démarre le 25 octobre, la cinémathèque programmera Mission to mars et Explorers.

Sur le site de la cinémathèque, le dossier consacré au Space opéra contient les liens vers les analyses de Cinetudes.

http://www.cinematheque.fr/fr/espacecinephile/evenements/space-opera.html
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