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Stefan VistaVision

Inscrit le: 29 Sep 2004 Messages: 442 Localisation: Ile de JERSEY
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Posté le: Mar Déc 07, 2004 2:31 pm Sujet du message: Raspoutine, le moine fou de Don Sharp (1966) |
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Bonjour à tous,
je souhaitait parler dans Cinetudes.com des productions Hammer et il m'a semblé qu'un film à la fois typique et atypique de leur style était le bienvenu pour commencer.
Christopher Lee est au sommet de son art dans ce film certes inégal mais qui offre une dose de folie et d'énergie absolument réjouissante.
Alors bien sur pour ceux découvrirons les films de la célèbre firme anglaise avec cette oeuvre, il faut apprendre à passer par dessus les conventions du genre et les faiblesses du scénario pour se laisser emporter par la folie contagieuse et vraiment divertissante de l'adaptation fantasque de la vie de Raspoutine.
J'attends donc tous ceux qui ont déja eu l'occasion de voir ce film, ceux qui le découvrirons grace à ce texte ainsi que ceux qui souhaiteraient en savoir plus pour en discuter sur ce post.
SPASSIBA !!! _________________ THE POSSIBILITIES ARE SO GREAT AND PEOPLE ARE PROGRAMMED TO ACCEPT SO LITTLE (Allegra Geller dans ExistenZ)
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manuma 1,85:1
Inscrit le: 04 Oct 2004 Messages: 166
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Posté le: Mar Déc 07, 2004 10:28 pm Sujet du message: |
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Je n?ai, de mon côté, pas gardé un souvenir très précis de ce Rasputine : The mad monk, film un peu atypique, comme tu le soulignes, au sein des productions Hammer. Ton article m?a donc un peu rafraîchi la mémoire, notamment en ce qui concerne la prestation en effet haute en couleurs de Christopher Lee.
J?avoue en fait avoir été davantage emballé par les 2 Fu-Manchu du même Don Sharp, dans lesquels Christopher Lee semblait tout autant s?éclater. |
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Stefan VistaVision

Inscrit le: 29 Sep 2004 Messages: 442 Localisation: Ile de JERSEY
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Posté le: Jeu Déc 09, 2004 11:58 am Sujet du message: |
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Manu,
du coup tu me donnes envie de découvrir les Fu Manchu qui jusque la m'avaient peu attirés du fait même de leur sujet.
Ceci dit, si Christopher Lee y est aussi magistral que dans Raspoutine, ça promet.
Quoi qu'il en soit ce Raspoutine la est clairement un rôle taillé sur mesure pour C. Lee et il est bien dommage que malgré le phénomène médiatique et iconique qui l'entoure, cette prestation la ne soit pas plus reconnue et mise en avant tant elle est représentative de ce dont il est capable. _________________ THE POSSIBILITIES ARE SO GREAT AND PEOPLE ARE PROGRAMMED TO ACCEPT SO LITTLE (Allegra Geller dans ExistenZ)
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francis moury 1,33:1

Inscrit le: 10 Déc 2004 Messages: 12 Localisation: Paris, France
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Posté le: Ven Déc 10, 2004 9:46 pm Sujet du message: + Barbara Shelley et Susan Farmer |
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Oui je suis assez d'accord avec l'enthousiasme de Stefan concernant ce film de Sharp, réalisateur très honorable et souvent mésestimé en France. Il est original par son traitement et différent des autres adaptations de l'histoire (celle d'Hossein par exemple, également remarquable) précisément parce qu'il est "conformé" Hammer et que Lee a joué le rôle avec sincérité.
Ne pas oublier la divine Barbara Shelley qui aurait dû jouer le rôle vedette, selon moi, donc celui de l'impératrice de Russie plutôt que celui de sa dame de compagnie.
On trouve peut-être aussi l'agréable Susan Farmer en sa compagnie comme dans DRACULA PRINCE OF DARKNESS [Dracula prince des ténèbres] de Fisher ?
Enfin une mention à l'image qui est "Scope" même si pas 2.35, format au fond assez peu utilisé par la Hammer - on a envie de dire "dommage" car certains plans sont très bien composés dans ce cadre. _________________ "Felix qui potuit rerum causas cognoscere" |
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Stefan VistaVision

Inscrit le: 29 Sep 2004 Messages: 442 Localisation: Ile de JERSEY
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Posté le: Lun Déc 13, 2004 3:06 pm Sujet du message: |
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Francis,
merci de ton soutien car je considère vraiment que le Hammer, malgré le fait qu'elle soit connue, à bien besoin d'une mise en avant tant à part les films de Terence Fisher ( et encore il est devenu de bon ton de les dénigrer malgré leurs immenses qualités) l'impact phénoménal que ce studio à eu sur l'avenir du cinéma fantastique est trop passé sous silence.
Peu de personnes parlent à l'heure actuelle de la qualité globale des productions du studio (on oublie assez vite sa décadence post 1969), et qui plus est de leur intérêt psychologique et psychanalytique en tant que catalogue des perversions humaines, traité de façon souvent réaliste par les différents cinéastes et scénaristes du studio.
Evidemment la qualité est inégale et comme tous les autres studios, certaines oeuvres sont décevantes (mais recèlent toujours de nombreuses qualités). Et par rapport à l'engouement récent pour les productions de la Shaw Brothers, je pense que celles du studio Hammer sont dans l'ensemble totalement sous-éstimées, étant souvent rabaissées au simple rang de film d'horreur qui ne font plus peur.
J'ai d'ailleurs à ce sujet une interview de Polanski à l'époque du tournage de The Fearless Vampire Killers (Le bal des vampires, qui m'a énormément déçu lors d'une revisionnage récent malgré le bon souvenir que j'en avais), ou ce dernier explique qu'il trouve les films de la Hammer ridicule faisant plus souvent rire les spectateurs que ne les faisant frissonner.
Personnellement j'ai beaucoup de mal à comprendre comment on peut passer à côté des films magnifiques oeuvres produites par la Hammer et la dénigrer à ce point, surtout quand lorsque comme Polanski on est incapable d'en retrouver la magie alors même qu'on tente la parodie moqueuse.
Sharp n'a certes rien d'un génie du cinéma mais comme tu le soulignes, il réussit de belles compositions en scope (format effectivement trop peu utilisé par la Hammer, surtout que la plupart des films existants sont recadrés dans leurs éditions DVD) et en excellent artisan qu'il était à su s'effacer derrière sa vedette et surtout composer avec un scénario assez curieux (dont il à su tirer le meilleur).
Pour ce qui est de Barbara Shelley, il est évident que sa classe naturelle fait qu'elle aurait du tenir le rôle de l'impératrice mais en même temps, quel plaisir certes pervers de la voir ainsi rabaissée et utilisée sans vergogne par un Raspoutine sans aucun scrupule.
Si elle avait tenu le rôle de l'ipératrice elle aurait été nettement en retrait et n'aurait pu nous offrir cette scène hallucinante de cruauté ou Raspoutine la rejette comme une moins que rien. _________________ THE POSSIBILITIES ARE SO GREAT AND PEOPLE ARE PROGRAMMED TO ACCEPT SO LITTLE (Allegra Geller dans ExistenZ)
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Hughes 2,35:1

Inscrit le: 05 Oct 2004 Messages: 360
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Posté le: Lun Déc 13, 2004 7:55 pm Sujet du message: |
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Bonsoir,
N'ayant pas vu ce film, je tiens malgré tout à signaler les qualités de Don Sharp, solide artisan, qui a un sens époustouflant de l'image à défaut d'avoir réellement celui du suspense et du rythme. Je me fonde sur la vision, il y a plusieurs mois de sa lecture du roman de John Buchan, "Les 39 Marches" qui bénéficie d'un superbe travail de reconstitution d'époque (Londres en 1914), avec un soin méticuleux apporté aux habits des personnages, à l'architecture, mobilier et topographie urbaine. De superbes images signées John Coquillon, sur lesquelles se reposent Sharp.
Ceci étant, ce que le film gagne en beauté plastique par rapport à la version d'Hitchcock et celle, très médiocre de Ralph Thomas, le perd en rythme : étouffé par la fascination qu'exercent les images, le film stagne. Un roman aussi alerte que celui de Buchan, fondé sur le rythme et le mouvement (que surent lui donner Hitchcock), semble chez Sharp complètement engourdi par le travail de reconstitution. En ressort une lecture curieuse, une attraction étrange, partagé entre le regret de ne pas avoir un rythme plus soutenu et une satisfaction, voire une jouissance visuelle. Tout est très beau, très propre, très bien photographié, mais, s'il n'en ressort pas une impression d'académisme ampoulé, il s'en dégage néanmoins un agréable ennui. Du moins, Don Sharp est plus proche de l'illustration d'une époque que de raconter une histoire d'espionnage.
Le film est disponible en DVD Zone 2, découvert par hasard chez mon libraire avec la version 1978 de "Une Femme Disparait" (autre remake d'un film anglais d'Hitchcock) signée Anthony Page. Si la version de Sharp est correcte, le film d'Anthony Page est désastreux, d'un intérêt médiocre, d'un académisme pesant et d'un immodéré ennui, malgré un scénario écrit par George Axelrod.
Ce message n'a rien à voir avec "Raspoutine", mais je tenais juste à souligner, en écho aux propos de Francis Moury sur Sharp, les qualités visuelles d'illustrateur de ce cinéaste anglais.
Hughes. _________________ "Comprendre, c'est aimer" (Delmer Daves) |
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francis moury 1,33:1

Inscrit le: 10 Déc 2004 Messages: 12 Localisation: Paris, France
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Posté le: Mar Déc 14, 2004 1:44 am Sujet du message: Pour Hughes et Stefan : sur Don Sharp et Polanski |
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1) Oui cher Hughes, Don Sharp est très estimable en dépit du mépris dont on l'accable souvent : son THE FACE OF FU-MANCHU [Le masque de Fu-Manchu] (GB 1965 Scope-couleurs] réédité par Cinéma de Quartier, Studio Canal en zone 2 mérite d'être revu. Idem pour son passionnant CURSE OF THE FLY [inédit en France] (GB 1964 Scope N.&B.) variation bien supérieur au sympathique remake par Cronenberg du film original de Kurt Neumann de 1958, par exemple. Et je vous signale bien sûr son chef-d'oeuvre absolu : KISS OF THE VAMPIRE [Le baiser du vampire] (GB 1962) que j'ai pu revoir au Centre Georges Pompidou il y a quelques années - film rare, scandaleusement inédit en DVD zone 2 et qui est vraiment magnifique et proprement magique.
Concernant sa période contemporaine, j'avoue que je n'ai pas vu - je n'en connais que sa bande-annonce, à vrai dire, et recadrée qui plus est ! - son remake du Hitchcock (qui me semble depuis toujours un Hitchcock mineur et très ennuyeux, d'ailleurs) et que son autre remake de THE FOUR FEATHERS - que j'ai vu pour sa part - me semble pouvoir relever exactement de ce que vous écrivez sur ses 39 MARCHES. Je vous recommande en revanche très chaudement HENNESSY [Dieu sauve la reine] (GB 1975 circa) qui est un étonnant thriller dont le sujet est rien moins qu'une tentative d'assassinat de la Reine d'Angleterre par un membre de l'I.R.A. : l'ouverture du film est inoubliable et démentielle de violence ; les acteurs principaux Rod Steiger et Richard Johnson sont admirablement dirigés ; la tension est récurrente car la violence explose irrégulièrement en brèves séquences nerveuses, glacées, impressionnantes. C'est le grand film de Sharp des années 1970-1980, celui-ci ! Et bien sûr il est méprisé et non moins pratiquement invisible en France : je l'ai vu à la télévision publique française il y a plus de 20 ans par hasard en v.f. donc, bonne d'ailleurs !
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2) Stefan je partage ABSOLUMENT ton jugement concernant Polanski et la Hammer : c'est ce que je pense depuis bien des années. Polanski a donné avec LE BAL DES VAMPIRES (dont le titre français est bien plus intelligent que le lamentable titre original THE FEARLESS VAMPIRE KILLER, pour une fois, ce qui prouve déjà ce qu'on pense du film : qu'il est profondément bête et qu'on a raison de le trouver bête) une parodie lamentable des Hammer Films dont la seule scène à peu près belle est celle de l'attaque de Sharon Tate nue dans son bain au ralenti, en plongé (c'est le cas de le dire) et pour le reste, poussif, idiot, laid...
Polanski tient dans mon estime pour deux films : son génial REPULSION (en fait son unique chef-d'oeuvre est celui-ci, tout compte fait) et le bon ROSEMARY'S BABY d'après le roman d'Ira Levin déjà remarquable il est vrai, même si la fin du film casse relativement son ampleur, tout comme dans le roman. Ses c.m. m'ont toujours relativement ennuyé, son COUTEAU DANS L'EAU et son CUL-DE-SAC (et même son MACBETH, pourtant apprécié par Roger Avary pour de bonnes raisons qui sont autres que la valeur du film en lui-même) aussi assez fondamentalement.
Sa pochade hammerienne est d'autant plus agaçante que, dans les années 1970-1980, il faut se souvenir que lorsqu'on parlait de la Hammer à des cinéphiles - enfin des ignares qui se targuaient de l'être, disons - ils vous répondaient invariablement :
"- Et LE BAL DES VAMPIRES qu'est-que vous en pensez ?! Cela m'a beaucoup plus ! Quelle finesse, comme c'est drôle ! Ah si tous les films d'horreur était comme celui-là, je vous avoue que j'irais en voir bien plus souvent !... Vous dites ? Je n'ai pas bien entendu ? ... Terence Fisher ? Freddie Francis ? Don Sharp ? John Gilling ? Connais pas. "
D'accord aussi concernant le "plaisir pervers" (cette expression est bien adéquate et son emploi me fait souvenir que c'était d'ailleurs l'autre titre français d'exploitaiton du film allemand LES PREMIERES LUEURS DE L'AUBE tourné par José Bénazéraf, tu sais !?) procuré par la dégradation de la dame de compagnie Barbara : oui, absolument... il n'y a rien à regretter en fin de compte.  _________________ "Felix qui potuit rerum causas cognoscere" |
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francis moury 1,33:1

Inscrit le: 10 Déc 2004 Messages: 12 Localisation: Paris, France
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Posté le: Mar Déc 14, 2004 5:36 am Sujet du message: Sur Fisher + la Hammer Film pré et post 1969 |
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| Stefan a écrit: | Francis,
merci de ton soutien car je considère vraiment que le Hammer, malgré le fait qu'elle soit connue, à bien besoin d'une mise en avant tant à part les films de Terence Fisher ( et encore il est devenu de bon ton de les dénigrer malgré leurs immenses qualités) l'impact phénoménal que ce studio à eu sur l'avenir du cinéma fantastique est trop passé sous silence.
Peu de personnes parlent à l'heure actuelle de la qualité globale des productions du studio (on oublie assez vite sa décadence post 1969),. |
1) Tout à fait d'accord : c'est la pure vérité, cette description de la situation actuelle de la Hammer et de Fisher en France. Fisher est loin d'être reconnu par le jeune cinéphile "honnête homme cultivé" - le cinéphile moyen en somme mais déjà doté d'une culture correcte en histoire du cinéma - à l'égal d'un Bava, d'un Corman, d'un Jacques Tourneur ou d'un Browning, d'un Whale, d'un Lang ou d'un Hitchcock alors qu'il est bel et bien leur égal sinon même leur dominateur à tous, leur synthèse absolue et définitive. Je le pense, tu le penses et Stéphane du Mesnildot que je salue au passage pour son bel article sur Fisher paru dans Simulacres le pense. Mais combien sommes-nous à penser ainsi ? Quelques dizaines - je pourrais en citer d'autres qui se reconnaîtront s'ils lisent ces lignes, bien sûr : Paul-Hervé Mathis, Jean-Pierre Bouyxou, Alain Petit, etc. - pas davantage : aimer et admirer Fisher aujourd'hui, c'est bien un combat : c'est Jean Boullet, Alain Venisse, Michel Caen, Jean-Claude Romer et ceux de Midi-Minuit Fantastique qui l'ont commencé admirablement mais il continue. René Prédal et Stéphane Bourgoin en écrit chacun une monographie simultanée et complémentaire sur Fisher par la suite en 1983. Mais nous sommes presque en 2005 et depuis bien peu de choses ? Ce combat continue donc et il ne doit jamais cesser. Il n'est pas normal qu'on édite régulièrement des livres sur Hitchcock ou Lang en France - même si leur richesse intrinsèque respective le justifie amplement - alors que Fisher végète bibliographiquement parlant. La notice de Jean-Marie Sabatier parue en 1973 était il est vrai, en dépit de sa relative concision d'une dizaine de pages, d'une richesse probablement définitive.
2) Ah une remarque tout de même sur ce problème chronologique de la décadence de la Hammer après 1969. Jean-Marie Sabatier - justement lui ! - avait, je crois, posé cette borne temporelle dans son admirable livre Les classiques du cinéma fantastique, éd. Balland, Paris 1973, et il a soutenu sa thèse systématiquement et brillamment au fil des notices qui le composent dans sa seconde partie, lorsqu'il évoque un réalisateur Hammer pré et post 1969.
Mais je crois qu'il se trompait : la productrice exécutive Aida Young et quelques autres ont renouvelé le style maison dans le sens d'un érotisme et d'une violence plus agresssifs encore que ce à quoi nous avait habitués la patte "Carreras" antérieure. Mais je ne crois pas que ce renouvellement puisse être nommé décadence. Je l'ai pensé à l'époque où j'ai lu le Sabatier : à sa parution en 1973 alors que j'avais 13 ans et déjà une certaine connaissance de la Hammer dont on pouvait encore voir les films en exploitation à Paris régulièrement. Mais c'était en fait une évolution naturelle qui a porté de bien intéressants fruits non moins riches que ceux de ladite période antérieure.
Et je pense que Sabatier lui-même, s'il avait pu donner une réédition, ne s'y serait pas tenu davantage, à cette borne. Il admire FRANKENSTEIN MUST BE DESTROYED [Le retour de Frankenstein] (GB 1969) de Terence Fisher mais il admirera d'ailleurs non moins son ultime chef-d'oeuvre FRANKENSTEIN AND THE MONSTER FROM HELL [Frankenstein et le monstre de l'enfer] (GB 1973) dans sa critique parue dans la Revue du cinéma - Image et son. En fait Fisher lui-même avait négocié ce tournant dès 1969 justement. Je renvois ici à mon test de la récente édition Warner zone 2 de FRANKENSTEIN MUST BE DESTROYED paru sur www.dvdrama.com il y a un ou deux mois.
Sabatier s'est d'ailleurs parfois contredit : ne tenait-il pas SCARS OF DRACULA [Les cicatrices de Dracula] (GB 1970) de Roy Ward Baker pour un film à la fois raté et passionnant, n'a-t-il pas critiqué Peter Sasdy alors qu'il écrivait pourtant que les idées du scénario de HANDS OF THE RIPPER [La fille de Jack L'éventreur] (GB 1971) étaient magnifiques ? Ces contradictions suggestives faisaient parties intégrantes des qualités de son livre : elles nourrissaient la réflexion esthétique et historique. Sabatier a d'autre part été très injuste ou insuffisamment attentif concernant des films comme COUNTESS DRACULA (GB 1971) de Peter Sasdy, THE VAMPIRE LOVERS (GB 1970) de R.W. Baker, Dr. JEKYLL & SISTER HYDE (GB 1971) de R.W. Baker, TWINS OF EVIL [Les sévices de Dracula] (GB 1971) de John Hough, CREATURES THE WORLD FORGOT (GB 1971) de Don Chaffey, VAMPIRE CIRCUS [Le cirque des vampires] (GB 1972) de Robert Young, FEAR IN THE NIGHT (GB 1972) de Jimmy Sangster, tous postérieurs à 1969... sans parler de BLOOD OF THE MUMMY'S TOMB (GB 1971) de Seth Holt & Michael Carreras. Mais il a en revanche apprécié pleinement - parfois excessivement d'ailleurs - des films comme HORROR OF FRANKENSTEIN (GB 1970) de Jimmy Sangster ou encore DEMONS OF THE MIND (GB 1972) de Peter Sykes.
En fait la Hammer a produit des films passionnants de 1969 à 1972 et jusqu'en 1973 au moins, si l'on veut reposer une borne chronologique tenant compte de l'ultime film de Fisher.
Ces Hammer Films pouvaient assurément sembler inférieurs aux Hammer Films déjà classiques, antérieurs, mais rétrospectivement on se rend compte avec le recul du temps qu'ils sont au moins aussi riches, novateurs que leurs prédécesseurs et bien souvent remarquables même si plus inégaux que les absolus chefs-d'oeuvre de la période 1955-1969.
J'ajoute une remarque annexe mais importante : le cinéma fantastique anglais dans son ensemble manifesta une vitalité tout à fait remarquable bien que très mal connue aujourd'hui durant la période 1970-1980. Mais il est vrai que ce furent plutôt des films comme ceu produits par la Amicus, la Tigon et quelques autres qui l'illustrèrent que ceux produits par la Hammer, quantitativement parlant. Au sujet des "Hammer Films" de cette période, il faut plutôt, en fin de compte, parler de "chant du cygne" novateur et riche que de décadence.
C'est un point d'histoire du cinéma qui méritait je pense un éclaircissement et qui me permet de dépasser cette fois-ci mon attachement viscéral au livre de Sabatier et à son contenu : dépassement évidemment favorisé par le recul du temps puisque, comme je l'ai déjà dit, je partageais alors, adolescent de 1973, son point de vue.
PS : Je dédie ce petit commentaire à la mémoire de Jean-Marie Sabatier, le plus grand historien et critique cinématographique français du XXe siècle, dont on me dit qu'il est décédé en Allemagne il y a quelques année. Et s'il est encore vivant mais tient le silence depuis sa retraite mais me lit par hasard, je lui dédie de même. _________________ "Felix qui potuit rerum causas cognoscere"
Dernière édition par francis moury le Mer Déc 15, 2004 9:26 pm; édité 1 fois |
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Hughes 2,35:1

Inscrit le: 05 Oct 2004 Messages: 360
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Posté le: Mer Déc 15, 2004 8:31 am Sujet du message: |
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Afin de clore la parenthèse sur Don Sharp et "Les 39 Marches", je suis tout comme vous, Francis, plutôt perplexe quant à la valeur réelle du film d'Hitchcock, qui souffre notamment d'un humour laborieux et poussif qui alourdit l'ensemble. Hitchcock aimait les transitions rapides et les mouvements, le passage rapide d'une situation à une autre. Son film illustre cela (et non celui de Sharp), mais je continue à penser que ce film d'espionnage manque d'unité et souffre (à la différence de "La Mort aux Trousses") de son manque de crédibilité par une exagération mal gérée des retournements de situation. Le meilleur film anglais d'Hitchcock est selon moi un vrai bijoux d'intelligence et d'humour, "Jeune et Innocent" (1937).
Dans sa lecture des "39 Marches", je note également la bonne tenue de la direction d'acteurs, sans doute liée au passé d'acteur de théâtre du cinéaste en Australie. Si je ne me trompe pas, il fut également scénariste en Grande-Bretagne. Je suis curieux de découvrir ses autres films. Cinéaste proche par son approche un peu impersonnelle et son application, de Ralph Thomas (comédies grivoises des "Doctor"), plus porté sur le loufoque.
Hughes. _________________ "Comprendre, c'est aimer" (Delmer Daves) |
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Stefan VistaVision

Inscrit le: 29 Sep 2004 Messages: 442 Localisation: Ile de JERSEY
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Posté le: Mer Déc 15, 2004 3:17 pm Sujet du message: |
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Francis,
je suis content de te voir dans le même camp que moi concernant le Bal des Vampires et la position moqueuse de Polanski à l'égard des films Hammer dont il n'a su a aucun moment retrouver la magie si ce n'est effectivement dans la scène que tu mentionnes de l'enlêvement de Sharon Tate (qui est ce à quoi le film aurait du ressembler pour remplir son contrat).
Personellement je porte aux nues certains films de Polanski (Repulsion, Rosemary's Baby, Chinatown, Le Locataire) et j'aime beaucoup des oeuvres comme La jeune fille et la mort ou le pianiste. La ou j'ai un souci avec le bonhomme c'est avec ses interviews ou il ne se gêne pas pour descendre certaines oeuvres ou cinéastes et ce sans ménagement ni critique constructive, en gros tt ce que je déteste et son Bal des Vampires me parait totalement dans ce style la.
On va faire tout notre possible sur Cinetudes pour remettre la Hammer et principalement Terence Fisher à la place qui lui revient dans l'échiquier du cinéma mondial et sa place est évidemment parmis les pièces les plus importantes.
Personellement j'en ai marre que l'on me rie au nez lorsque je parles des films de la Hammer et ce sans raisons fondées si ce n'est celle entretenue par une certaine intelligentsia qui veux que ces films soient ridicules.
Je suis persuadé que le temps aidant (et dossierd complets sur le sujet comme celui que nous projetons) permettrons à la répuation de Terence Fisher d'évoluer.
Aprés tout il est de bon ton de considérer Whale comme un génie et ce à juste titre et il me semble donc logique qu'en tant que confrêre talentueux et sensible Fisher ait droit aux même honneurs, sa filmographie étant d'une richesse sidérante en oeuvres importantes.
Pour ce qui est de la chronologie de la Hammer et de sa décadence Francis, je ne suis pas assez expert en la matière pour en disserter avec toi et je prends notre de tous les renseignements que tu donnes sur le sujet dans ta réponses précédente.
De plus il me reste encore des films de cette période à découvrir comme ce Frankenstein and the Monster from Hell de Fisher, même si vu mon amour et mon respect pour ses oeuvres précédentes (principalement la série des Frankenstein) je doute d'y trouver autant d'interêt mais je le verrai l'esprit ouvert.
J'espère que tu pourra venir nous rapporter ces précisions ainsi que d'autres lorsque nous attaquerons de front le sujet de la Hammer et de Fisher. _________________ THE POSSIBILITIES ARE SO GREAT AND PEOPLE ARE PROGRAMMED TO ACCEPT SO LITTLE (Allegra Geller dans ExistenZ)
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