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Nicholas Ray
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Hughes
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Inscrit le: 05 Oct 2004
Messages: 360

MessagePosté le: Dim Fév 13, 2005 9:07 am    Sujet du message: Nicholas Ray Répondre en citant

Bonjour,


J'ouvre le débat à partir de mon texte comme support, mais je souhaite que nous puissions surtout parler de ce "poète de la nuit qui tombe" (François Truffaut) que fut Nicholas Ray, blessé, exalté, révolté, en souffrance et de son oeuvre qui est l'image, le miroir éclatant d'un cinéaste qui a toujours lutté contre le système hollywoodien et le conformisme.

Il est évident que je ne désire pas parler de "A Woman's Secret", film sur lequel je me fonde pour mon texte, car il me paraît évident que pratiquement personne ne l'a vu.

En conséquence, je préfère que nous parlions du cinéaste, de son oeuvre, de ce que vous ressentez à la vision de chacun de ses films, de ce que vous ressortez de la fulgurance de sa carrière.

Hughes.
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PIKE
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Inscrit le: 22 Jan 2005
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MessagePosté le: Lun Fév 14, 2005 11:13 am    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai toujours été sensible au cinéma de Nicholas Ray. J'ai notamment acheté en 88 (alors que je n'était qu'un adolescent,) la monographie, qui lui a été consacrée, publiée chez Rivages.

Mes films préférés de Ray sont notamment "They live by night", "Johnny Guitar" et "Party Girl" .
J'ai commencé a aimer son cinéma, dés mon enfance, après avoir découvert "Johnny Guitar". Je suis resté subjugué par ce psychodrame passionnel et flamboyant. La fabuleuse photo de Harry Stralding, avec ses couleurs, à dominante rouge, noir et jaune vif, qui créent une sorte de "tragédie picturale" m'avait fortement impressionné (pourtant le trucolor était un procédé de couleurs assez rudimentaire).
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Invité






MessagePosté le: Mer Fév 16, 2005 12:09 am    Sujet du message: Répondre en citant

Et bien moi je l'ai AWoman's Secret, depuis quelques années déjà car il était passé sur Ciné Classik... Mais bon, je frime, je frime mais étant donné la quantité impressionnante de films que j'ingurgitais en une semaine à l'époque, je ne m'en souviens plus... C'est avec Ida Lupino qui vit esseulée dans une maison dans la neige ? L'intrigue, je ne m'en souviens plus du tout...

Damned !

J'aime beaucoup Johnny Guitar et la part belle qu'il donne aux femmes... Mais ma copie est malheureusement pas terrible et il faut revétir une tenue de spéléologue avec le casque et la lampe dessus pour les scènes de nuit...

Party Girl et They Live By Night sont très bons aussi et je me souviens également d'un autre film avec James Garner que Brion a diffusé il n'y a pas si longtemps : une histoire de père qui devient fou parce qu'il prends un médicament à base de morphine... Celui était pas mal non plus... C'est d'ailleurs dans ce film dont la vision était postérieure à They Live By Night que j'ai remarqué que l'utilisation sonore de la locomotive était récurrente dans la mise en scène poétique de Ray...

Mes réflexions sont bien maigres mais je n'ai pas vu ces films depuis longtemps malgré le fait que je les possède... Confused
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manuma
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Inscrit le: 04 Oct 2004
Messages: 166

MessagePosté le: Mer Fév 16, 2005 8:27 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je suis également pas mal à la traîne concernant l?oeuvre de Ray puisque je n?ai vu que 2 films de lui: le classique Rebel without a cause et Wind across the Everglades. Deux films dont je ne pourrais parler très sérieusement puisque vus il y a un sacré bail (pour le second, c?était très précisément au Ciné-club un vendredi soir de décembre 86).

Il y en a toutefois un que je suis très curieux de voir de lui, c?est son King of Kings. Je ne suis pas un accro des films d?inspiration bibliques mais j?ai toujours été étonné de la présence de Robert Ryan ? acteur que j?adore et que semblait visiblement bien apprécier Ray pour l?avoir employé à 4 reprises ? là dedans.
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manuma
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Inscrit le: 04 Oct 2004
Messages: 166

MessagePosté le: Jeu Fév 17, 2005 12:53 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je me dit en outre qu?avec une personnalité comme celle que tu dépeins dans ton étude, Hughes, il est dommage que Ray ait cessé pratiquement toute activité au début des années 60 car il me semble que s?il avait travaillé au cours de la décennie suivante, il aurait pu s?exprimer beaucoup plus librement (mais peut-être qu?alors son ?uvre n?aurait plus eu la même force et singularité au sein du cinéma américain)
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Hughes
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Inscrit le: 05 Oct 2004
Messages: 360

MessagePosté le: Lun Fév 21, 2005 7:28 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,

Thomas, le film avec Ida Lupino, c'est "La Maison dans l'Ombre".

Pour répondre aux questions de Manuma, à savoir si Nicholas Ray aurait été un cinéaste des années 60 et 70, je réponds non. Tout simplement parce que Nicholas Ray avait besoin de la contrainte pour créer ses plus beaux films, pour aller à l'encontre et non à la rencontre d'Hollywood. J. Wagner, auteur d'une monographie sur Nicholas Ray, pense que celui-ci aurait pu être un cinéaste académique. Je ne suis pas tout à fait en accord avec lui, mais j'estime malgré tout que, lorsque Ray a des moyens à sa disposition ("A Woman's Secret" produit par RKO),il peut se montrer paresseux car en colère et découragé. En revanche, lorsqu'il doit lutter,il retrouve ses forces créatrices. C'est pour cela que tout son cinéma se fonde sur la révolte et la colère. Libérer Nicholas Ray des contraintes lui aurait fait perdre de son tempérament. Son cinéma est beau, douloureux, puissant et fragile, car il va à l'encontre d'un système,le refuse, le rejette.

Malheureusement, l'oeuvre de Nicholas Ray est encore aujourd'hui mal connue, reconnue et appréciée. Hormis deux films célèbres (connu du public), "Johnny Guitar" et "La Fureur de Vivre", le reste de son oeuvre est en partie méconnue, même "Les Amants de la Nuit". Nicholas Ray a la côte auprès des cinéphiles, des spécialistes, par forcément du grand public. Il n'est pas connu comme Hitchcock, John Ford, Howard Hawks. Son aura fascinante et mystérieuse, et son oeuvre crépusculaire et testamentaire, continuent de placer Ray parmi les génies oubliés, les poètes maudits du cinéma. Un peu comme Elia Kazan (pour d'autres raisons certes, même si son oeuvre est redécouverte récemment).

Peu de gens malheureusement connaissent "On a Lonely Place" (Le Violent), "La Maison dans l'Ombre", "Derrière le Miroir", "Ardente Gitane", "Les Dents du Diable", "Amère Victoire", car les rétrospectives sont malgré tout rares et les diffusions tv (même sur les bouquets satellites) quasi inexistantes (même "La Fureur de Vivre" n'est que rarement diffusé).

En dvd, les films de Ray sont mal distribués, hormis ceux cités dans mon texte.

Quant aux textes français sur le cinéaste, il y a eu une émulation lors de la Nouvelle Vague (Bastid notamment), puis depuis, hormis la monographie de Wagner, plus grand chose.

Avec ce dossier, j'espère réhabiliter Nicholas Ray et son oeuvre. Avec vos apports à tous, votre vision de son oeuvre. Je n'ai pas vu tous les Ray : "Les Ruelles du Malheur", "Les Indomptables", "Le Roi des Rois", "Amère Victoire".

Hughes.
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Hughes
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MessagePosté le: Lun Avr 24, 2006 7:56 am    Sujet du message: Répondre en citant

Mise en ligne de l'étude que j'ai écrite sur l'oeuvre de Nicholas Ray.

Hughes.
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Max Schreck
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MessagePosté le: Lun Avr 24, 2006 5:02 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Salut,

bon j'ai encore survolé le texte étant donné que j'ai quasiment rien vu. J'adore le mélange à l'oeuvre dans Rebel without a cause, entre le constat social d'une jeunesse qui a perdu le contact avec ses aînés et l'atmosphère délibérément poétique des plus belles scènes du film (la reconstitution d'une cellule familiale idéale dans la villa abandonnée et le planetarium, un peu plus près des étoiles).

Je ne sais pas comment j'ai fait, mais je me suis toujours débrouillé pour rater Johnny Guitar, alors que ce ne sont pas les occasions ni l'envie qui m'ont manqué.

Par contre, je trouve que tu fais un sort un peu injuste à son King of kings. Wink Okay on est en fin de carrière et Nick Ray devait être pas loin de ressembler à une épave, mais formellement ce film est une splendeur.
Le récit lui-même est effectivement paresseux, se contentant d'illustrer les étapes obligées des Évangiles, mais j'avais été vraiment ébahi par tout le travail de mise en scène à l'oeuvre ici. Chaque plan, chaque raccord est d'une audace et d'une inventivité incroyables, ce qui en fait au final un film que je trouve passionnant à regarder.
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Hughes
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MessagePosté le: Lun Mai 01, 2006 6:49 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Comme excuse pour mon jugement sévère de Le Roi des Rois, j'ai celui de lointains souvenirs. Smile

Le film doit sortir en dvd en juin, j'apporterai, si nécessaire, des modifications à mes notes.


Ce n'est pas en soi un mauvais film, il est médiocre, car on y retrouve rien de l'oeuvre de Nicholas Ray.

Hughes.
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